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Dani Kouyaté vu par la presse

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«Sia, le rêve du python» de Dani Kouyaté
Une critique de Caroline Simoni lors du FESPACO 2003

Dans le cadre des rétrospectives, on a pu découvrir ou revoir «Sia, le rêve du python», qui a obtenu le Prix Spécial du Jury au Fespaco 2001. Réalisé par le Burkinabé Dani Kouyaté, le film démarre sur cette phrase de Jean Cocteau: «C'est le privilège des légendes d'être intemporelles». Adaptation de la pièce de théâtre de Moussa Diagana, La légende du Wagadu vue par Sia Yatabéré, «Sia» raconte l'histoire du pays de Soninké qui vit sous l'emprise d'un supposé dieu serpent. Tous les ans, une jeune fille vierge doit lui être donnée en offrande. Lorsque la belle Sia est choisie pour satisfaire le terrifiant reptile, son jeune fiancé se rebelle et décide de le tuer avant la date de la cérémonie sacrificielle. Mais avant partir, il devra affronter monstres bien plus affreux: le roi, sa cour et les grands prêtres, qui n'entendent pas abandonner les traditions, officiellement par crainte d'obscures malédictions... Une seule personne semble vouloir lui venir en aide: le vieux fou Kerfa au refrain entêtant «Qui sème la galère récolte la misère». Personnage clé du film, le fou injurie et provoque à tout-va le roi et ses courtisans. Lorsque le roi, agacé, finit par vouloir l'éliminer, un de ses généraux (joué par Sotigui Kouyaté - le père de Dani - vu entre autres dans Little Sénégal) lui déconseille de le tuer. En effet, ce serait pire que de le laisser vivant: «Tant qu'il parle, il n'est qu'un fou; le tuer ferait de lui un martyr». Intemporalité du propos, donc, et allégorie de la réalité, puisque lors de la première projection du film, le public burkinabé a réagi à ce passage en criant le nom d'un de ses martyrs modernes, Norbert Zongo, journaliste assassiné le 13 décembre 1998 alors qu'il enquêtait sur une affaire de meurtre dans l'entourage présidentiel... Des milliers de personnes avaient alors manifesté à Ouagadougou et un mouvement s'est depuis organisé sous la conduite d'un collectif, dont l'action est encore présente aujourd'hui et ne s'arrêtera que lorsque le crime sera puni. Si au début du film on peut douter de la folie de Kerfa, lui qui semble être le personnage le plus clairvoyant du royaume, peu à peu le film ne laisse plus place au doute. Et ce conte légendaire, qui en surface tend franchement vers le burlesque, révèle son message, qui est loin de faire rire et que Dani Kouyaté résume en cette phrase: «La vérité rend fou: quand on opte pour la vérité, on se met dans le camp de l'anormal».

Caroline Simoni
www.arte-tv.com

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