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Dani Kouyaté vu par la presse

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«Ouaga Saga» ou la vie comme un divertissement

Le film d’ouverture des Ecrans noirs 2005 à ceci de particulier qu’il traite des réalités de la vie urbaine comme dans un univers de divertissement.

Dani Kouyaté, le réalisateur du film Ouaga Saga programmé à l’ouverture des Ecrans Noirs 2005 est bien connu des cinéphiles africains pour la qualité de sa démarche cinématographique très souvent à la limite de l’engagement. Après Kéita, l’héritage du griot sorti il y a 10 ans de cela, un film où il met les pieds dans la délicate problématique du maintien de la tradition de manière forte dans les sociétés africaines, et surtout Sia le rêve du python, film sorti en 2000 et présenté aux 7è Ecrans Noirs et dans lequel il s’attaque aux faucons qui entourent les souverains et qui utilisent le pouvoir pour leurs intérêts concupiscents, ce cinéaste Burkinabé qui ne manque pas de talent revient avec Ouaga Saga. Cette fois l’engagement à la fois politique et social de Dani Kouyaté porte sur les réalités de la vie urbaine dans une capitale africaine qui a sa spécificité. Nous sommes donc à Ouagadougou, capitale du pays des hommes intègres. Des jeunes gens issus des milieux défavorisés sont pratiquement en guerre contre la vie difficile. Toute une famille vivant au jour le jour affronte ainsi, juste avec leur intelligence d’enfants ayant grandi dans la rue, les aspects pervers de la paupérisation sociale et anthropologique. Quand on vit comme un paria social, abandonné à sa seule intuition soutenue par l’énergie de vouloir absolument survivre, l’imagination aussi négative que positive devient inéluctablement fertile. C’est ce à quoi vont donc se livrer tous ces jeunes dont l’âge varie entre 11 et 20 ans. Et le plus «édifiant» est que, très souvent, ce sont les plus jeunes qui font preuve de témérité. Vols de nourriture dans la rue, manœuvres de distraction d’un élément de sécurité en vue de dérober une mobylette qui sera revendue à un receleur avec qui les négociations pour livrer le butin seront âpres. En fait, on ne manque pas d’être impressionné par la vitalité de l’instinct de survie de cette bande «d’exclus sociaux» pour utiliser le langage des politiciens socialistes.

Le scénario écrit par Michel Mifsud et Jean-Denis Berenbaum, deux Européens anciens citadins de Ouagadougou triche quelque peu avec l’intrigue en ce sens qu’il va dans toutes les directions qui se présentent à lui. Il donne ainsi au film la liberté de traiter plusieurs sujets à la fois au point où l’on se demande si le réalisateur est vraiment souverain de sa démarche. C’est une bonne idée que de vouloir traiter de manière globale des réalités de la vie urbaine à Ouagadougou qui, bien que spécifique comme nous l’avons signalé plus haut, a les mêmes caractéristiques que toutes les capitales d’Afrique subsaharienne. Mais il faut à notre sens resté subtile et ne pas glisser dans ce qui peut apparaître quelque peu surréaliste. Peut-on vraiment dire que pour sortir de la pauvreté il suffit de croire aux charlatans et surtout d’acheter un ticket de PMU? Autrement dit, parier à la course des chevaux, en y employant des méthodes kabbalistiques est-il une solution envisageable (quand bien même on est dans une fiction) pour donner le bien-être à des jeunes abandonnés dans le cercle vicieux de la misère? C’est peut-être un choix. Mais alors un choix qui traite finalement (et peut être malheureusement) la vie comme un divertissement.

On peut en tout cas se réjouir d’avoir vu sur le plan technique, un film qui impressionne par la qualité des prises de vue et des images qui restitue à son réalisateur un certain génie. Et c’est bien peut-être le véritable mérite de ce film très applaudi au cinéma théâtre Abbia le 4 juin au soir. Même si l’originalité du sujet n’est pas évidente. On peut néanmoins lui être reconnaissant d’avoir de manière aussi incisive remis à l’écran, certes avec des dialogues peu convaincants, mais avec des acteurs débordants de dynamisme, les questions que posent à la fois la ville en Afrique Noire, et la pauvreté urbaine dans nos pays au sens très cher au sociologue camerounais Jean Marc Ela.

Dani Kouyaté a ainsi choisi la fiction et le comique pour dire le drame de la pauvreté en milieu urbain, donnant ainsi à la vie un aspect moins tragique.

Jean François Channon - Journal Le Messager (Cameroun)
6 juin 2005

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