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Dani Kouyaté vu par la presse

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Entretien avec Dani Kouyaté sur son travail et sur le cinéma africain.
Propos recueillis par Julia Kauta en marge du FESPACO 2005 à Ouagadougou

Votre troisième long-métrage, «OuagaSaga», est une comédie. Vos deux derniers films, Këita, L’héritage du griot (1995) et Sia, le rêve du Python (2001) étaient loin du genre comique. Pourquoi maintenant une comédie?
Cette comédie est née de concours des circonstances. Le scénario m’a été proposé et ca correspondait au besoin que j’avais de faire autre chose. Après avoir fait deux films un peu dans le même ton j’ai eu envie de changer d’univers. Comme, en plus, les comédies sont encore rare dans notre cinématographie j’ai pris ca comme un défi que j’ai relevé.

Quelle a été la réaction du public? Est-ce qu’il y a eu une différence de réaction entre le public africain et le public européen?
La réaction a été favorable en général. C’est un film qui est agréable à regarder et j’ai l’impression que le film marche aussi bien en Afrique qu’en Europe. Peut-être pas pour les même raisons l’humour étant culturel et la réception est liée à la culture du spectateur.

OuagaSaga est une co-production entre une société francaise et votre société Sahélis Productions, qui est burkinabé. Que signifie concrètement une co-production, et qui apporte quoi?
Cette fois-ci ce sont les boîtes de production francaises qui ont apporté le plus d’argent au film, contrairement à mes deux précédants films où Sahelis était majoritaire.
C’est une question de subvention, ils arrivent à obtenir de l’argent d'institutions comme le CNC (Centre national du cinéma), Le Ministère des Affaires Etrangères, L’Agence de la Francophonie, etc.
En tant que réalisateur africain j’ai droit à certaines aides et subventions que mes collègues francais n’ont pas, mais ca fonctionne aussi dans le sens inverse.

L’Afrique du Sud a gagné plusieurs prix lors de cette édition du Fespaco. Est-ce que vous pensez que le cinéma anglophone en Afrique va gagner du terrain dans l’avenir?
Je crois que ce que l’on vient de voir est une ouverture sur le monde anglophone qui a tardé à venir. Jusqu’ici il y a eu un clivage, sur beaucoup de plans, qui a empeché l’Afrique de profiter de toutes ses potentialités. Des gens ont peur que les sud-africains nous «impérialisent» désormais, mais je ne suis pas d’accord. Tout le monde peut profiter d’une ouverture.
Je vois l’ouverture comme un défi de compétition qui peut aider à élever le niveau de nos productions.

Il vous semble que le genre comique a du mal à passer?
Il y a des gens qui aiment des films à messages, qui veulent que les films transmettent la morale au lieu de distraire. Ils sont toujours dans l’esprit des films qu’on faisait il y a trente ans, où le cinéma africain était considéré comme une école du soir. Et pourtant quand on voit les films qui sont affichés dans nos pays, ce ne sont que des films à distraction!

Si vous comparez la qualité des films africains aujourd’hui à celle d’il y a dix ans, que voyez vous?
Nous avons gagné en maturité. Nos films sont quand même de moins en moins didactiques. On essaye de faire du cinéma, du spectacle et pas seulement des films à messages. Nos films ne sont jamais gratuits par essence même. Ce qui nous manque le plus, c’est la dimension spectaculaire.

Il y avait presque une émeute à vos deux projections de OuagaSaga au Fespaco. Qu’est-ce qu’on doit en comprendre?
Que le grand public africain suit le film, malgré les réticences de certaines critiques intellectuelles qui ont du mal à voir le cinéma africain se départir de son pessimisme et de son didactisme.

Finalement, qu’est-ce que c’est le cinéma africain?
Une réponse serait de dire que c’est du cinéma fait et produit en Afrique par des africains. Mais c’est bien sûr plus compliqué que ca. Le cinéma africain est aussi divers que le continent lui-même. Les films produits au Maghreb n’ont rien à voir avec les films du Sud par example. Les films côtiers se différencient du cinéma sahelien. Les pays anglophones quant à eux font des films complètement differents de ceux de nos pays.
Après il y a encore les différences entre chaque artiste. Donc, c’est quasiment impossible de parler du cinéma africain au singulier.

Julia Kauta
Cet entretien est publié avec l'aimable autorisation de Julia Kauta.

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