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Dani Kouyaté vu par la presse

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Peuples du Monde – France– N° 307 – novembre 1997

  ... Au delà de l'histoire légendée du peuple mandingue, Dani Kouyaté, le cinéaste burkinabé nous livre une réflexion dense sur la mémoire.
Le film commence par une scène à la fois symbole de liberté, de tolérance et d'ouverture sur l'extérieur. Un vieil homme aux allures de patriarche, barbe désordonnée et traits graves, se balance sur un hamac. L'air profondément détaché du monde matériel, il semble avoir miraculeusement survécu aux plus grandes apocalypses... Qui est ce vieillard? Djéliba venu de son lointain village de Wagadu apporter la sagesse traditionnelle aux nouvelles générations prises dans le rouleau compresseur d'une occidentalisation mutilante. Tâche évidemment non aisée. D'où une pédagogie des discours nuancés où il reconnait la multiplicité des vérités et des modes d'être. Pas un mot sur la nécessité d'un retour inéluctable aux sources. Pas de propos enflammés et indignés non plus contre le modernisme envahissant. Juste une exhortation solennelle à ne pas partir d'une palette de possibilités pipée...

Au nom de la liberté, il est possible de rompre avec la tradition pour construire le futur sur d'autres éléments, à condition de ne pas tricher avec sa mémoire. Le décor, les personnages et les dialogues sont conçus sans surcharge dans ce film qui tient du rappel historique et de la morale sociale la plus vigilante à l'égard des tentations extrémistes. La trame générale est construite autour du refus des solutions tranchées et d'une cohabitation conflictuelle entre tradition et modernisme. Elle tente à chaque fois de mettre en relief les éléments susceptibles de produire un équilibre durable. Ni donneur de leçon, ni prophète de la restauration des grands empires africains, Dani Kouyaté restitue une mémoire sans l'édulcorer et sans l'enjoliver. Une leçon à retenir donc: si elle peut éclairer, la mémoire ne doit pas emprisonner au risque d'alimenter des formes d'intégrisme.
Pour autant le cinéaste africain n'adopte pas la solution des synthèses culturelles qui pourraient n'être que des assemblages éclectics sans consistance dont les écrivains de la négritude on fini par dénoncer les traumatismes et les déchirures inévitables.
Dans sa fameuse lettre à Maurice Thorez, Aimé Césaire, déçu par cette approche écrivait: «il y a deux manières de se perdre, la dilution dans l'universel et l'enlissement dans le particulier».

Grégoire Ndaki

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