Dani Kouyaté vu par la presse
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La Liberté – Suisse – 23 novembre 2001 –
Les griots face au cinéma
Extrait d'interview menée par Stéphane Gobbo
En Afrique, le griot est la mémoire des peuples. Son rôle est
de perpétuer les traditions, de transmettre son savoir aux nouvelles
générations. Le griot est un conteur, un musicien... Il
doit faire revivre les légendes et rappeler l'histoire de
son peuple. Face à un outil comme le cinéma, certains pensent
que les griots sont menacés.
Dani Kouyaté, à la fois cinéaste et griot, n'est
pas de cet avis.
La Liberté: Quelle est votre position, en tant que griot, face au cinéma?
Dani Kouyaté:
Le griot est un communicateur, le cinéma est un médium.
Les griots doivent par conséquent utiliser le cinéma comme
ils ont utilisé par le passé d'autres moyens de communication.
Le griot qui n'a que sa voix, son corps et son instrument ne peut
survivre. Aujourd'hui les gens regardent la télévision,
lisent les journaux, écoutent la radio et vont au cinéma.
De façon naturelle, le griot doit s'accaparer ces nouvelles
forment de communication et les plier à ses besoins, s'il
veut continuer à transmettre son savoir.
C'est une question de vie ou de mort. Mais il doit les utiliser
sans s'aliéner.
La Liberté: Le cinéma est donc un nouvel atout pour un griot...
Dani
Kouyaté:
Pour moi le cinéma est un fabuleux médium, un instrument
de rêve. Comme le griot est un fantaisiste qui pratique la métaphore
et fait rêver, le cinéma devient un outil fabuleux entre
ses mains. En tant que jeune griot, je trouve que c'est une chance
de l'avoir. Nous sommes à une époque où tout
le monde vend son image, via les satellites ou internet. Mais l'Afrique
ne fait que consommer. Elle ne propose rien et il faut que cela change.
Il n'existe donc pas de contradiction fondamentale entre les griots
et le cinéma...
Interview menée par Stéphane Gobbo
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