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Dani Kouyaté vu par la presseExtraits de la conférence de presse donnée à Ouagadougou le 27 Février 2001 par Moussa Diagana et Dani Kouyaté à propos du film «Sia, le rêve du python». Moussa Diagana: Mon objectif n'était pas de reprendre le mythe tel qu'il est rencontré par les griots. Le but était de donner la parole à ceux qui ne l'ont pas. Sans ambition. Dani Kouyaté: Sia est une tragédie en trois actes:
je l'ai vu au théâtre. J'étais scié: je suis
resté cinq minutes alors que tout le monde est sorti, j'étais
là! J'ai acheté le livre et ai commencé à
mijoter car c'est une histoire dramatique qui n'était pas aisée
à adapter au cinéma. Dans la pièce, le fou a des
monologues de vingt minutes qui ne conviennent pas au cinéma. C'était
une grande chance de rencontrer ce texte par l'acte théâtral. Moussa Diagana: Ce n'est pas l'appropriation de mon uvre
mais celle du mythe! Les trois-quarts des discussions que nous avons eu
avec Dani ont porté sur les dits et les non-dits du mythe. Il faut
d'abord rentrer dans le mythe pour en sortir! Dani Kouyaté: L'affaire Norbert Zongo rentre dans la logique pure et plate que pose le film. Je ne ferais pas un film sur cette affaire car mon souci est universel: j'ai envie de m'adresser au monde entier. Chacun peut interpréter comme il veut le film. Il y a des gens qui ont pensé que ce n'est pas l'empereur qui a buté le fou: chacun interprète comme il veut! Je reste un artiste. Moussa Diagana: Le mythe, c'est toujours une question de pouvoir,
comme perpective qui fait tenir comme l'ont été le communisme,
le développement etc. La parole du fou, c'est l'anti-mythe: la
fonction du fou est de désacraliser! Dani Kouyaté: Sia est le relais de la parole du fou: elle est le témoin de la conscience qui ne meurt pas. Elle la porte jusque sur l'avenue Nkwame Nkrumah (l'avenue chic de Ouaga)! Que cette conscience soit transmise à une jeune fille est un espoir en soi. Moussa Diagana: Il y a espoir mais aussi désespoir. Neuf siècles plus tard, on se retrouve avec la même jeune fille rien n'a changé! L'espoir est dans le fait qu'il pleut. Sia est là, fragile, mais la pluie tombe. Dani Kouyaté: Rien de consistant ne se fait sans folie.
L'artiste qui manque de folie reste dans le banal: la folie est un instrument
de travail! Mais n'est pas fou qui veut
Le pouvoir n'arrive pas à être fou, elle ne fait que le séduire. Dani Kouyaté (à propos des costumes): J'ai voulu sortir d'un temps précis, voulant un film universel et en dehors du temps: la costumière suisse n'est jamais venue en Afrique et s'est laissée aller librement. Dani Kouyaté (à propos du casting): Avec le travail sur Antigone, j'avais trouvé ma distribution par le théâtre. Ayant déjà travaillé avec eux, c'était plus aisé. Ce texte est publié avec l'aimable autorisation d'Olivier Barlet | |
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