Dani Kouyaté vu par la presse
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«Ouaga Saga» de Dani Kouyaté : les tribulations d'une bande d'ados ingénieux
Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. Entre rapines et petits boulots, une bande de jeunes (Bouba, Moussa, Kadou, Cyrille, Le Shériff, Pelé) en proie aux difficultés existentielles, tente de survivre et de prospérer. Vivant dans un quartier démuni avec des rêves fous, ces débrouillards possèdent des atouts: l'ingéniosité, l'astuce, l'optimisme, la solidarité.
Toutes choses qui compensent la dèche. Résolument optimiste, la bande ne se laisse jamais démonter... Troisième long métrage de Dani Kouyaté («Sia, le rêve du python»), «Ouaga Saga» est une tonitruante comédie, qui tient en haleine le spectateur. Tourné dans un décor naturel notamment dans certains endroits de Ouaga, il allie enthousiasme, gaieté et rire, et surtout étrenne, sans tomber dans le ton dramatique, les péripéties d'une jeunesse désabusée:chômage, déscolarisation, pauvreté... Bien plus que de s'apitoyer sur leur déboires, le film, dépouillé de scènes violentes inutiles, invite les jeunes à prendre la vie du bon côté. Reste que, le réalisateur fait fi, par moments, de la morale quand l'un de ses héros (Bourémah) devient millionnaire en jouant à la loterie (au PMU) avec de l'argent volé. Ou encore, il montre, à travers une héroïne, que le charme et la beauté de la femme comme un moyen sûr et efficace de parvenir à ses fins. Qu'à cela ne tienne, «Ouaga Saga» séduit techniquement par la variété des costumes, l'éclat des images (il a tourné avec une caméra numérique haute définition), la maîtrise d'ensemble de la mise en scène et une bonne direction d'acteurs.
«Ouaga Saga» est un hommage à la ville de Ouagadougou et à son amour du cinéma. c'est aussi un hommage à la jeunesse ouagalaise et à son art de la bonne humeur. C'est un conte moderne et jovial, une invitation à partager un peu de folie, un peu d'optimisme; confie Dani Kouyaté. En course pour l'Etalon d'or, «Ouaga Saga», qui a coûté 600 millions de Francs CFA, jouit déjà d'un succès d'estime auprès des festivaliers. «J'ai beaucoup aimé. Il a bien dosé les personnages, avec un humour dans l'écriture. Il montre très bien une certaine jeunesse de Ouaga et le côte positif. Il arrive à monter que même si on fraude, quand on un beau coeur, on peut réussir;» analyse Bérénice Balta, journaliste à RFI (Radio France Internationale). «J'ai très bien aimé. C'est peut-être bien pour encourager les jeunes qui vivent ici à Ouaga et qui n'ont pas de moyens.» sourit Lias John, étudiante suédoise en cinéma. Pour Stéphanie Beny, journaliste allemande, «c'est un film populaire qui peut permettre à ces gens qui n'aiment pas les films trop intellectuels de se retrouver dans leur environnement.»
Y. Sangaré, envoyé spécial à Ouagadougou pour le journal Le Patriote (Abidjan) No. 1628 du 4 Mars 2005
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