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Dani Kouyaté vu par la presse«Ouaga Saga» Cela commence sur des scènes de rues, des ambiances, des bribes de dialogues, le marché: Ouagadougou est le sujet de ce film, un vrai personnage, mais cela est fait sans prétentions, si ce n'est de témoigner de la vitalité de jeunes d'un quartier populaire luttant dans la bonne humeur pour la survie quotidienne. Tout concourre à retourner l'image misérabiliste colportée par les médias sur les villes africaines: leur groupe est solidaire, débrouillard, plein d'humour. Ils s'ennuient comme toutes les bandes d'ados au monde et montent des coups tordus pour se faire des ronds, comme revendre en pièces détachées la motocyclette volée en groupe, ou bien trouvent des petits boulots. Leurs rêves ne sont pas réalistes mais les font vivre, comme ce cinéma qui les fascine et qu'ils se racontent même s'ils ne peuvent le voir faute d'argent pour entrer dans la salle. L'argent: l'éternel nerf de la guerre. Et si le PMU apportait «la fortune en bout de course» ? Un vrai conte de fées: le féticheur aidera à décrypter les courses en direct de Paris! Car le rapport Nord-Sud continue de déterminer leur vie: Dani Kouyaté se fait un malin plaisir de le rappeler par des clins d'œil. L'image Banania est encore là, sur la boîte utilisée pour cacher le magot. «Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France», lançait Senghor. Dani n'a plus cette ambition: Banania est là, on fait avec et on assume le présent en le prenant avec humour, ce qui ne veut pas dire qu’on y perde en conscience, mais c’est que l'identité de ces jeunes est composite, même si les esprits des tirailleurs Banania continuent de tourmenter ceux qui n'ont pas vécu la colonie. Olivier Barlet | |
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